EGALITE ADOPTION
 Association française d'aide aux postulants à l'adoption d'enfants
Accueil

Qui sommes nous

Conditions juridiques de l'adoption

Procédure d'agrément

Nos moyens

Nos actions en cours

Antennes Départementales

Forum (réservé adhérents)

Témoignages

Adhésion

Bibliographie

Liens




 

Témoignage 008 : couple qui souhaite une fratrie, Yvelines

Les raisons de notre témoignage

Émotionnellement, nous avons vécus très difficilement la période d’agrément. D’après la loi, elle doit durer 9 mois. Dans notre cas, elle a duré 5 ans. Nous souhaitons être les uniques postulants dans ce cas, la situation étant trop déshumanisante.
 
Notre parcours

Avant d’entamer la procédure d’agrément en vue d’adopter des enfants, nous avions rencontrer des familles ayant adoptés, des enfants ayant été adoptés et savions que nous désirions être parent de plusieurs enfants. En fonction de tous les échanges que nous avions eu, nous avions interprété que nous devions avoir un logement avec une chambre par enfant, et proche de toutes commodités.

Nous avons accepté de ne pas être parent biologique de nos enfants, accepté d’accueillir un enfant avec une filiation et un vécu pouvant être douloureux afin qu’il devienne le nôtre. Cette décision, nous en sommes consciente et l’assumons. Nous avons également désiré adopter plusieurs enfants simultanément. Notre période de réflexion afin de savoir si nous étions capable d’aimer un enfant, des enfants ayant une apparence différente de la notre, son histoire et d’autres géniteurs, a été longue. Nous avons vécus tous les deux en fratrie, et estimons que pour l’enfant, la proximité de frère ou sœur est indispensable. Des proches ayant accueillis simultanément plusieurs enfants, cette manière de construire notre famille a immédiatement été notre désir.

Lors du dépôt de notre dossier au conseil général (casier judiciaire, justificatif des revenus, attestation médicale…), nous étions confiant dans notre désir d’adopter. Nous étions naïf en pensant que la période d’agrément permettait au conseil général d’un part de s’assurer que nous offrions des conditions d’accueil sur les plans familial, éducatifs et psychologique correspondant aux besoins et à l’intérêt de l’enfant adopté, et d’autre part de nous accompagner pour l’arrivé du / des enfants.

Lors des rencontres avec travailleur social et psychologue, nous avons découvert que l’enquête correspondait à une évaluation. Nous devions connaître la parentalité, la psychologie, les écueils de l’adoption, notre organisation lorsque nous serions parents… Les rapports présentaient des conclusions réservées (négatives). 

Nous aurions désiré continuer les entretiens avec cette même équipe, afin de compléter les échanges. Nous avons eu la possibilité d’avoir de nouveaux interlocuteurs pour une nouvelle série d’enquête. Les entretiens étaient difficiles à gérer émotionnellement, car nous avions une première expérience et l’objet est basé sur les fondement de la vie. Nous avons été complètement démunis lors de la lecture des rapports. Une nouvelle fois, nous trouvions des bribes de nos propos extraites de leur contexte, des copies des précédents rapports et des conclusions réservée et négative. Nous devions gérer le fait que notre désir de parentalité n’allait pas être assouvi et que nous véhiculions l’inverses de nos valeurs. Après avoir assisté à la commission d’agrément, nous avons reçu la décision de refus d’agrément.

L’avocate que nous avons rencontrée pour rédiger le courrier du recours gracieux, nous a présenté une psychologue. Nous nous faisons accompagner depuis par cette professionnelle.

Notre recours gracieux a été accepté dans le sens ou une nouvelle enquête a été réalisée, l’un des rapport étant favorable pour l’adoption, celui du spécialiste connu sur la place publique et externe au département. Une nouvelle fois, nous avons assisté à la commission et eu un refus d’agrément. Nous avons eu deux mois pour nous décider à réaliser un recours contentieux. Dans ce cas, nous attaquons au tribunal administratif le conseil générale de notre département. Cette décision est difficile à prendre, et il faut être convaincu de l’erreur manifeste d’appréciation pour le réaliser.

Durant toute cette période, nous avons eu la chance d’être entourés par la famille, les amis et des associations actives. Ils nous ont épaulé durant cette pénible épreuve et nous ont permis de comprendre le non fondement des décisions du conseil général.
 
Et maintenant

Aujourd’hui nous sommes heureux d’avoir le sésame du conseil général nous autorisant à être parent. Nous avons trois rapports d’enquêtes sociales et psychologiques, deux refus d’agrément, un rapport favorable du tribunal administratif, un agrément et sa notice divergeante de notre désir de parentalité. Aux vues des échanges que nous avons eu avec différentes associations de parents adoptifs, nous savons que le chemin de la parentalité est plus complexe que pour un couple de 35 ans ayant un agrément avec des conclusions d’enquêtes positives. 

Pourtant, nous espérons que nous aurons un jour la joie de donner du bonheur à nos enfants.