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Severine Manuel (Yvelines - 78) Demande
d’agrément pour adopter dans les Yvelines : notre
parcours.
Je suis née en 1974 et mon mari en 1971. Nous nous sommes mariés en 2001, puis nous avons essayé d’avoir un bébé début 2003. Début 2005, mon gynécologue a proposé de lancer une série d’examens pour chercher d’où venait notre infertilité. Comme je n’avais absolument pas envie d’essayer la procréation médicalement assistée (PMA) j’ai décidé de ne pas subir ces examens. Mon mari a donc proposé que nous commencions les démarches pour adopter. Nous avons donc assisté au printemps 2005 à une réunion d’information organisée par l’ASE des Yvelines. Réunion plutôt encourageante qui ne mentionnait nullement que l’adoption était réservée aux couples stériles. Nous avons donc démarré une procédure d’agrément, avec une petite crainte toutefois, ne sachant pas comment serait perçu notre côté « atypique » (pas de PMA). Après un premier entretien avec l’éducatrice spécialisée, qui nous a semblé plutôt positif, notre premier entretien avec le psychologue s’est avéré très éprouvant. J’ai eu l’impression de subir une psychanalyse forcée, le psychologue essayant de déterminer pourquoi je refusais la PMA. Paniquée par son aspect inquisiteur j’ai répondu ce qui me passait par la tête, essayant désespérément de me justifier. Impossible de revenir sur ce que j’avais dit pour clarifier ma pensée, quand il avait tiré une conclusion on ne pouvait pas revenir dessus. Au second entretien, début 2006, il nous a dit qu’il n’était pas favorable à l’adoption car j’avais peur de faire un bébé. Nous avons donc suspendu la procédure d’agrément, le temps pour moi de me remettre de ces entretiens traumatisants, et pour notre couple de faire le point sur notre projet et de mettre nos idées au clair. Nous avons repris la procédure en 2007, en demandant à être évalués par un autre psychologue. Lors de l’entretien avec l’éducatrice spécialisée (la même qu’en 2005), celle-ci a semblé étonnée que nous n’ayons pas cherché à savoir pourquoi nous n’arrivions pas à concevoir un bébé. Mais le reste de l’entretien s’est déroulé paisiblement. Avant de passer l’entretien avec la psychologue de l’ASE, je suis allée voir une psychologue de ville pour faire le point et avoir un avis de professionnelle sur ma démarche (puisque c’est moi qui posais problème manifestement). Celle-ci m’a rassurée : elle trouvait tout à fait honorable que je choisisse l’adoption plutôt que la PMA et d’après elle j’avais bien intégré ce que c’est que d’être mère. Elle m’a conseillé d’être sincère avec la psychologue de l’ASE, de ne pas chercher à justifier mon choix en intellectualisant les arguments, et de ne pas en dire plus que nécessaire. Début 2008 nous avons donc passé notre premier entretien avec la psychologue de l’ASE. Il s’est déroulé paisiblement, je lui ai expliqué que je ne voulais pas faire un bébé à tout prix car pour moi la filiation ne passe pas nécessairement par les gènes (peut-être en raison de mon histoire familiale : enfant de famille recomposée), et que les examens médicaux était inenvisageables pour moi. A quoi elle a rétorqué que l’adoption n’était donc pas un choix mais le seul moyen pour moi d’espérer être mère. Ensuite elle a cherché à savoir si mon mari avait fait le deuil de l’enfant biologique, il avait beau donner des arguments convaincants elle était manifestement persuadée de lire le contraire dans ses yeux. Puis nous avons parlé du futur enfant, nous lui avons montré que nous étions conscients des difficultés liées à l’adoption. Enfin elle nous a demandé de parler de notre projet à nos parents, prétextant qu’ils auraient peut-être des choses à dire et qu’il leur fallait du temps pour se préparer à être grands-parents par adoption. Cette demande nous est apparue encourageante. Quelle naïveté de notre part ! Deux mois plus tard, dès le début du second rendez-vous elle nous a fait part de son avis défavorable : elle ne comprenait pas que je puisse désirer un enfant sans vouloir à tout prix le porter. Pour elle nous étions dans une situation pas claire car nous n’avions même pas cherché à savoir si nous étions stériles en passant des examens. Je lui ai répondu que dans la mesure où nous n’avions pas conçu en 5 ans nous nous sentions stériles, mais il n’était pas question pour elle de revenir sur sa décision. Elle nous a aussi renvoyé à la figure ce que nous avions dit lors du premier entretien, à savoir qu’adopter un enfant ne serait pas forcément facile, et donc que c’était du masochisme de notre part de vouloir adopter plutôt que de tenter la PMA. En revanche, elle n’a même pas cherché à savoir si nous avions parlé de notre projet à nos parents, alors qu’elle semblait vraiment y tenir à la fin du premier entretien ! Pour conclure elle nous a dit d’arrêter la procédure car elle ne souhaitait pas écrire un rapport défavorable sur nous, et pour nous consoler elle nous a dit que nous étions peut-être faits pour rester un couple sans enfants ! Ce second entretien n’a pas duré plus de 10 minutes, elle semblait pressée de se débarrasser de nous. Mon mari ne souhaitant pas se battre pour une cause perdue d’avance, nous en sommes restés là. |
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